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Dilution BSA Air : comment calculer des caps multiples ?

Simulez l'impact de vos différents BSA Air sur votre cap table pour éviter une perte de contrôle lors du tour Seed. Découvrez les règles de conversion.

Ember8 min

Le calcul de la dilution de plusieurs Bons de Souscription d'Actions Accord d'Investissement Rapide (BSA Air) assortis de plafonds de valorisation (caps) différents exige de modéliser chaque tranche comme un événement de conversion distinct sur la base d'actions fully diluted. Dans la mesure où le BSA Air reporte la valorisation jusqu'à un prochain tour de table qualifié en capital, chaque ticket se convertit au montant le plus avantageux pour l'investisseur entre son plafond de valorisation individuel et la décote négociée. Lorsqu'une équipe fondatrice fait entrer des capitaux lors de clôtures successives avec des plafonds croissants, chaque tranche se convertit à un prix par action différent, générant des volumes d'actions variables qui diluent les actionnaires historiques et complexifient l'arrivée d'investisseurs institutionnels.

Comprendre cette articulation mathématique avant de signer le moindre accord s'avère indispensable pour la gestion des opérations et de la table de capitalisation (cap table) en phase d'amorçage. L'empilement d'instruments convertibles sans simulation continue expose fréquemment les fondateurs à une perte de contrôle inattendue lors de leur tour d'amorçage institutionnel (Seed).

Comment un fondateur gère-t-il son runway au début ?

Gérer la trésorerie (runway) au démarrage implique d'arbitrer entre l'entrée rapide de liquidités et le coût à long terme en capital. Lorsque l'on se concentre uniquement sur le gain de quelques mois de survie, le financement de pré-amorçage (pre-seed) est souvent traité comme une série d'injections isolées plutôt que comme un passif futur sur la table de capitalisation.

Une saine gestion du runway relie la tenue comptable quotidienne et la conformité juridique à une stratégie de financement prospective. Plutôt que de signer un nouvel instrument convertible dès que le compte en banque diminue, les fondateurs ont intérêt à définir des jalons de financement précis, fondés sur leurs charges opérationnelles projetées et des calendriers d'embauche réalistes. Maîtriser son taux de consommation de trésorerie (burn rate) et mettre en place des opérations financières rigoureuses évite les levées de fonds dans l'urgence, où l'on est contraint d'accorder des décotes agressives ou des valorisations plafonds trop basses.

Une stratégie financière cohérente structure les options de financement autour des progrès concrets de l'entreprise plutôt que de la facilité immédiate. Cette planification doit anticiper la façon dont chaque tranche de capital convertible se transformera en pourcentage de parts sociales au moment où un investisseur institutionnel fixera le prix de la société.

Pour replacer cette décision dans son contexte, automatiser son back-office B2B avant le premier recrutement rassemble des analyses complémentaires du même domaine.

La mécanique de conversion d'un BSA Air lors d'un tour de table valorisé

Le BSA Air fonctionne selon un principe proche du SAFE américain, en conférant à l'investisseur le droit de souscrire des actions ordinaires ou de préférence lors d'une future levée de fonds qualifiée. Le prix de souscription par action est déterminé en retenant la formule qui aboutit au prix unitaire le plus faible en faveur de l'investisseur.

L'investisseur obtient ses actions selon deux valeurs de référence :

  1. Le prix issu de la décote, qui applique au prix par action du tour qualifié une réduction équivalant à un moins le taux de décote convenu.
  2. Le prix issu du plafond (cap), qui divise le plafond de valorisation prévu au contrat par le nombre total d'actions existantes au moment de l'opération.

L'investisseur bénéficie du plus bas de ces deux prix en contrepartie du risque pris dès les débuts du projet. Selon l'analyse sur la dilution du BSA Air publiée par Swanbase, la décote typique se situe entre 10 % et 25 %, et l'analyse de milliers de contrats SeedLegals qu'elle rapporte situe les deux tiers des accords entre 10 % et 20 % de décote. Les plafonds de valorisation oscillent entre 1 et 3 millions d'euros en amorçage français et entre 5 et 8 millions d'euros en bridge selon la traction, toujours d'après les constats SeedLegals rapportés par Swanbase. Le plancher (floor), obligatoire en droit français d'après l'article, est fréquemment calibré de sorte que le cap soit égal à 2 fois le floor dans la majorité des contrats SeedLegals observés.

Lorsque la valorisation de la levée qualifiée dépasse le cap, c'est ce plafond qui dicte le prix de l'action. Inversement, si la startup réalise son tour à une valorisation pre-money inférieure au cap, la décote s'applique.

Pour le calcul d'un seul BSA Air, calculer la dilution d'un BSA-AIR avec cap et discount détaille la mécanique de base ; cet article traite l'empilement de plusieurs caps.

Quelles erreurs de cap table nuisent aux fondateurs par la suite ?

Les erreurs de table de capitalisation les plus dommageables proviennent souvent de billets de transition successifs aux plafonds disparates, signés lors de tours de pré-amorçage fragmentés.

D'après les analyses présentées dans l'étude sur la dilution du BSA Air publiée par Swanbase, les tours de pré-amorçage fragmentés s'étalent sur plusieurs mois, piégeant les fondateurs lors de la conversion fully diluted. À mesure que la traction commerciale se confirme, les fondateurs relèvent fréquemment les plafonds de valorisation pour les tickets d'investisseurs providentiels (business angels) suivants. Un entrepreneur peut par exemple faire entrer un premier investisseur avec un cap de 5 millions d'euros, puis un second à un cap de 7 millions d'euros après la signature d'un client stratégique, et enfin un troisième à un cap de 8 millions d'euros, comme l'illustre l'analyse Swanbase.

Les frictions mathématiques apparaissent au grand jour lors d'un tour valorisé. Comme le détaille l'étude Swanbase, si une entreprise émet un premier BSA Air de 80 000 € à un cap de 5 millions d'euros et un second de 120 000 € à un cap de 7 millions d'euros avant de clore un tour de table à une valorisation pre-money de 10 millions d'euros, le premier instrument se convertit au prix unitaire de 5 € par action alors que le second se convertit à 7 € par action.

Deux investisseurs souscrivent alors à des prix distincts pour une même catégorie d'actions, ce que les fonds de capital-risque (VC) acceptent mal. Les investisseurs institutionnels qui mènent un tour de Seed exigent généralement une cap table parfaitement lisible. Face à des billets convertibles asynchrones, ils peuvent demander aux fondateurs d'harmoniser les conditions, voire de renégocier les instruments avant l'opération, sous peine de multiplier les frais d'avocats pour modéliser des conversions complexes. Les juristes spécialisés recommandent d'établir une période de souscription unique avec des conditions économiques identiques afin de préserver la clarté du capital.

Cette démarche gagne aussi à être rapprochée de 2026 : quel pitch deck B2B pour lever un seed sous 2 M$ ?, qui éclaire le choix suivant.

Simulation étape par étape : dilution d'un BSA Air à paliers multiples

Pour visualiser concrètement l'effet de plusieurs accords BSA Air sur l'actionnariat, examinons le déroulé séquentiel documenté dans l'analyse sur la dilution du BSA Air publiée par Swanbase.

Situation initiale et tranches de business angels

Un fondateur unique constitue sa société avec un capital de départ composé de 1 000 000 d'actions, détenant ainsi 100 % des titres.

Le fondateur accepte ensuite un premier apport de 50 000 € via un BSA Air assorti d'une date butoir à 18 mois, d'un cap de 5 millions d'euros et d'une décote de 20 %. Dans la foulée, trois autres investisseurs apportent 150 000 € aux mêmes conditions, portant le total des BSA Air en attente à 200 000 € sous un cap de 5 millions d'euros. À cette étape, aucune action nouvelle n'est émise : la table de capitalisation officielle affiche toujours le fondateur à 100 %, ce qui masque la dilution à venir jusqu'au tour valorisé.

Conversion lors du tour de Seed

Douze mois plus tard, un fonds de capital-risque mène une levée de fonds Seed en injectant 1 500 000 € sur la base d'une valorisation pre-money de 8 millions d'euros, portant la valorisation post-money à 9,5 millions d'euros.

Avant de calculer le nombre d'actions attribuées à ce nouvel entrant, la société procède à la conversion des BSA Air en cours :

  • Prix par le cap : 5 000 000 € divisés par 1 000 000 d'actions donnent un résultat de 5 € par action.
  • Prix par la décote : 8 000 000 € divisés par 1 000 000 d'actions puis multipliés par 0,80 aboutissent à 6,40 € par action.

Le montant de 5 € étant inférieur à 6,40 €, c'est le plafond qui s'applique, ce qui conduit à l'émission de 40 000 actions nouvelles au bénéfice des investisseurs providentiels pour leur apport cumulé de 200 000 €.

Le fonds fixe ensuite le prix de son intervention sur une base fully diluted incluant les instruments convertis : en divisant la valorisation pre-money de 8 000 000 € par les 1 040 000 actions post-conversion, le prix par action ressort à 7,69 € pour le fonds, qui souscrit ainsi 195 122 actions pour son investissement de 1 500 000 €.

Table de capitalisation post-conversion

Cap table après conversion et tour de Seed
ActionnaireNombre d'actionsPourcentage du capital
Fondateur1 000 00080,96 %
Pool de BA40 0003,24 %
VC Seed195 12215,80 %
Total1 235 122100 %

Comme l'indique l'analyse Swanbase, la participation du fondateur passe de 100 % à 80,96 %, subissant environ 3,2 points de pourcentage de dilution supplémentaire par rapport à un scénario sans bons convertibles où il conserverait 84,2 %. À titre de comparaison théorique, pour un fondateur solo levant 200 000 € avec un cap de 8 millions d'euros et une décote de 20 % avant un tour à 10 millions d'euros, le cap et la décote produisent le même prix de 8 € par action et l'investisseur reçoit 25 000 actions, soit 2,44 % du capital post-conversion avant l'entrée du fonds d'investissement.

Lorsque les tranches comportent des plafonds hétérogènes, ces calculs doivent être répétés séparément pour chaque contrat, accentuant la complexité de gestion et la dilution des fondateurs.

Dans la pratique, comment réussir son premier rendez-vous investisseur ? complète ce cadre avec un autre angle du même sujet.

Structurer des opérations financières rigoureuses avant la Series Seed

Piloter les engagements portés au passif de sa cap table exige une rigueur opérationnelle bien avant la signature d'une lettre d'intention (term sheet). Si un tableur peut suffire pour des calculs arithmétiques de base, il reste déconnecté de la réalité opérationnelle globale, qu'il s'agisse des prévisions de recrutement, du calendrier de trésorerie ou des impératifs juridiques.

Une stratégie de financement robuste doit lier les hypothèses d'activité aux besoins de capitaux. Ember accompagne les équipes fondatrices grâce à son module Fund Your Growth, qui remplace une liste générique d'options par un chemin de financement cohérent avec le projet. En lisant les documents du projet et en reliant les éléments utiles aux décisions de financement, la solution rend visibles les preuves, les hypothèses et les pistes à vérifier sans bloquer le dossier.

La plateforme structure des scénarios de financement adaptés au stade, à la géographie et aux contraintes du projet, tout en reliant les modules métier dans un graphe vivant où les points faibles remontent en priorité. Cette vision d'ensemble permet d'identifier les risques de dilution avant de s'engager sur des instruments convertibles. Une fois les arbitrages financiers posés, l'outil ouvre la Data Room reliée au dossier sans générer de document superflu, organisant les pièces de finance, de traction, de conformité juridique et les supports investisseurs pour aborder les audits préalables sereinement.

Avant de trancher, 2026 : ciblez vos investisseurs pour réussir votre levée aide à relier cette méthode aux priorités voisines.

Sources

FAQ

Deux BSA Air signés à des caps différents convertissent-ils au même prix ?

Non : chaque tranche convertit au plus bas entre son propre cap divisé par le nombre d'actions et le prix du tour décoté. L'exemple Swanbase montre une première tranche à 5 €/action et une seconde à 7 €/action pour la même catégorie d'actions, ce que les VC lisent mal.

Quels caps et décotes observe-t-on en pratique sur un BSA Air ?

D'après Swanbase et les contrats SeedLegals qu'il analyse : décote typique 10-25 % (deux-tiers des deals entre 10 et 20 %), caps de 1 à 3 M€ en amorçage français, 5 à 8 M€ en bridge, et un cap souvent égal à 2 fois le floor obligatoire.

Pourquoi la cap table affiche-t-elle 100 % fondateur avant le tour ?

Parce qu'aucune action n'est émise à la signature : les BSA Air ne se convertissent qu'au tour qualifié. C'est ce qui masque la dilution ; dans l'exemple, le fondateur passe de 100 % à 80,96 % en une seule opération.

Comment éviter des prix par action différents entre business angels ?

Regrouper les souscriptions dans une fenêtre unique à conditions identiques, comme le recommandent les juristes cités par l'analyse, ou harmoniser avant le tour. Sinon chaque tranche convertit à son prix et le VC entrant peut exiger une renégociation.

Un tableur suffit-il pour suivre plusieurs BSA Air ?

Pour l'arithmétique oui, mais il ne relie pas la cap table au runway, aux recrutements et aux jalons. Un système qui relie les documents du projet aux décisions de financement évite de découvrir l'empilement au moment de la term sheet.

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