Avant de brancher un outil de prospection sur LinkedIn, une question simple se pose : que dit réellement LinkedIn ? Les articles sur le sujet répètent souvent des règles de prudence attribuées à la « communauté », sans citer les textes. Or LinkedIn publie quatre documents qui encadrent le scraping, chacun visant un acteur différent : le membre, l'éditeur de logiciel et le vendeur de données.
Cet article les lit un par un, tels qu'ils étaient publiés à la date de consultation (29 septembre 2026), dit ce qu'ils ne disent pas, et donne quatre questions à poser à tout outil avant de lui confier votre compte. Il ne s'agit pas d'un avis juridique.
Le contrat d'utilisation : ce que vous, membre, promettez
Le contrat d'utilisation de LinkedIn, dans sa version en vigueur depuis le 3 novembre 2025, contient dans sa section 8.2 la liste des interdits. Trois lignes concernent directement la prospection.
- Développer, soutenir ou utiliser des logiciels, dispositifs, scripts, robots ou tout autre moyen (le texte cite les « crawlers, browser plugins and add-ons ») pour « scrape or copy the Services », c'est-à-dire extraire ou copier les services.
- Utiliser des robots ou d'autres méthodes automatisées non autorisées pour accéder aux services, ajouter ou télécharger des contacts, envoyer ou rediriger des messages, ou créer, commenter, aimer, partager des publications.
- Louer, prêter, échanger, vendre ou revendre les services ou les données associées, ou en tirer un revenu, sans l'accord de LinkedIn.
Le contrat prévoit aussi que LinkedIn se réserve le droit de restreindre, suspendre ou résilier un compte en cas de manquement au contrat, à la loi ou d'usage abusif des services.
Une page d'aide de LinkedIn est plus directe encore : LinkedIn n'autorise aucun logiciel tiers, y compris des « crawlers, bots, browser plug-ins, or browser extensions », qui extrait des données, modifie l'apparence du site ou automatise l'activité. Elle avertit que les membres qui l'utilisent risquent de voir leur compte restreint ou fermé, et que les outils interdits peuvent cesser de fonctionner sans préavis.
Les conditions des API : ce que l'éditeur partenaire promet
Les conditions d'utilisation des API de LinkedIn (dernière mise à jour le 13 décembre 2022, applicables aux développeurs existants depuis le 13 janvier 2023) visent les éditeurs de logiciels qui disposent d'un accès officiel. Elles définissent le « Non-Official Content » comme du contenu obtenu par scraping, crawling, spidering ou toute autre technologie permettant d'accéder à du contenu LinkedIn en dehors des API.
Trois interdictions en découlent pour un éditeur partenaire : combiner le contenu officiel avec d'autres contenus LinkedIn, dont le contenu non officiel ; accéder à ce contenu obtenu par scraping, le stocker, l'afficher ou en faciliter le transfert, y compris via un tiers ; et vendre l'accès à une collection agrégée de profils de membres. Une autre clause interdit d'utiliser les API pour automatiser la publication de contenus.
Les règles de la communauté : le vendeur de données et les invitations
Les règles de la communauté professionnelle n'autorisent pas les contenus qui promeuvent ou distribuent, entre autres, la « sale of scraped data », la vente de données extraites. Elles interdisent aussi d'utiliser la fonction d'invitation pour envoyer des messages promotionnels à des personnes que vous ne connaissez pas, ainsi que les échanges d'engagement à l'avance (les « pods »).
| Document | Acteur visé | Ce qu'il interdit, en résumé | Conséquence énoncée |
|---|---|---|---|
| Contrat d'utilisation (section 8.2) | Le membre | Extraire ou copier les services par logiciel, script, robot ou extension ; automatiser l'ajout de contacts et l'envoi de messages ; monétiser les données sans accord | Restriction, suspension ou résiliation du compte |
| Page d'aide sur les logiciels tiers | Le membre | Tout logiciel tiers qui extrait des données, modifie le site ou automatise l'activité | Compte restreint ou fermé ; outil pouvant cesser de fonctionner sans préavis |
| Conditions des API | L'éditeur partenaire | Combiner données officielles et contenu non officiel ; agréger des profils ; automatiser la publication | Non précisée dans les extraits consultés |
| Règles de la communauté | Membre et vendeur de données | Contenus promouvant la vente de données extraites ; invitations promotionnelles à des inconnus ; échanges d'engagement concertés | Non précisée dans les extraits consultés |
Ce que ces textes ne disent pas
- Ils ne donnent aucun quota chiffré. Les seuils d'invitations par jour ou par semaine que l'on trouve en ligne sont des repères d'outils tiers, pas des règles publiées par LinkedIn. Notre article sur les limites de prospection LinkedIn traite de ces repères et de la limite d'utilisation commerciale.
- Ils ne certifient aucun outil. Aucun document ne dit « cet outil est conforme ». Un éditeur qui affirme l'être parle en son nom.
- Ils ne traitent pas la protection des données personnelles. Le respect du RGPD pour vos prospects est un sujet séparé, qui ne dépend pas de ce que LinkedIn autorise.
- Ils changent. La version citée du contrat date du 3 novembre 2025 ; relisez la version en ligne avant de décider.
Quatre questions à poser à un outil avant de connecter votre compte
- Comment accède-t-il aux données LinkedIn ? Une API officielle, l'extension installée dans votre navigateur, ou un serveur qui se connecte à votre place ? Les textes ci-dessus interdisent l'extraction et l'automatisation non autorisées, quel que soit le mécanisme : la réponse de l'éditeur vous indique à quoi votre compte s'expose.
- Utilise-t-il votre session ? Si l'outil agit avec votre connexion et vos identifiants, vous êtes celui qui a signé le contrat d'utilisation, donc celui qui répond d'un manquement.
- D'où viennent les données qu'il vous livre ? Un fichier de profils annoncé comme « extrait de LinkedIn » renvoie aux textes sur la vente de données extraites.
- Que se passe-t-il si votre compte est restreint ? Vos conversations et vos relations vivent sur ce compte. Demandez si l'outil continue de servir sans lui, et si vous pouvez travailler sans dépendre d'une seule source.
Appliquez ces mêmes questions à Lead Intelligence d'Ember avant de connecter un compte LinkedIn : aucun outil, le nôtre compris, n'est dispensé de cet examen.
Pour aller plus loin
- Limites de prospection LinkedIn : règles et seuils clés traite des quotas, de la limite d'utilisation commerciale et des repères d'activité quotidienne. Le présent article ne cite aucun seuil : il lit les contrats et distingue les acteurs qu'ils visent.
- Comment fonctionnent les crédits InMail Sales Navigator ? porte sur les crédits InMail et les exports. Ici, il s'agit de ce qui est interdit et des questions à poser à un outil.
Sources
- protéger la démocratie à l'ère numérique
- Guide de survie en guerre de l'information | PDF
- API Terms of Use: what developers may not extract, combine or resell as LinkedIn data: source S1
- User Agreement: commercial use, scraping and automation restrictions: source S1
- Professional Community Policies: LinkedIn's rules on automation, fake accounts and spam: source S1
FAQ
Diagnostic gratuit
Testez votre fichier commercial
Glissez un Excel ou un CSV et vérifiez sa préparation sans envoyer ses lignes à Ember.
